Emile PEREIRE, Albert PRIOLET,
Hector GUIMARD, Honoré DUMAS… « Réveillez-vous ils sont devenus fous » !
En 1858, les dizaines d’hectares de notre majestueuse forêt clos d’une grille imposante et lotis de chaleureuses villas (de nos jours : rue Albert PRIOLET) (1), croisaient la rue PEREIRE (2) et son célèbre « 71 », jadis « vitrine » du carrefour: C’est une maison de style art nouveau de l’architecte Charles HORNET, dont les ferronneries sont la réalisation du célèbre Hector GUIMARD (3).
Quartier oublié et abandonné de Saint Germain mais paradoxalement investi par les promoteurs immobiliers (5), Kaufmann & Broad entre autres, il est situé au cœur de plusieurs axes régionaux majeurs.
La Gare de la grande ceinture a même été rénovée et développée.
Les voyageurs présents et futurs - ont - et vont avoir bien du souci pour traverser la rue… (Pardon, il faut dire la « nationale» !) en direction du centre urbain.
Plus haut, les Saint-Germanois -numéros impairs- qui souhaitent utiliser leur véhicule et tourner à gauche, sont obligés lorsqu’ils sortent de chez eux, de monter en direction du carrefour du BEL AIR (Franklin ROOSEVELT/N184/N13) car cette nationale… «Résidentielle» est coupée en deux par une ligne blanche !
C’est donc une perte de temps considérable : Arrivés au carrefour, ils ne peuvent que retourner sur leurs pas en faisant le tour du pâté de maison par la rue Bernard PALISSY et revenir enfin attendre aux feux PEREIRE, créant de ce fait un accroissement du trafic.
Décidément, « Le » carrefour aurait pu inspirer Jacques TATI (Célèbre réalisateur et acteur Saint-Germanois, mort en 1982) pour le scénario de son film « Trafic » ! Dure réalité concernant cette ligne continue, hélas : « Les modifications décidées par l’état et mises en place par la Direction régionale et interdépartementale de l’équipement et de l’Aménagement Ile de France - DRIEA-IF - n’ont pas apporté satisfaction » ! (Source : Département Travaux et Sécurité Routière de la Ville - Octobre 2011).
Ce sont aujourd’hui les bus, automobiles, poids lourds de 40 tonnes et autres convois exceptionnels qui occupent le terrain -au sens propre du terme - pour traverser la ville à… 70Km/h, lorsque celle-ci est respectée !
Pas même un seul radar de feux de croisement ni une piste cyclable.
Pour des raisons difficiles à justifier et liées vraisemblablement aux exigences industrielles, économiques et politiques, le choix du résidentiel contre celui de la pollution et du trafic routier incessant n’a jamais été véritablement arbitré et, à fortiori, objectivement étudié.
Les Saint-Germanois subissent… Le bitume toujours et encore : En près de 70 ans, on sera passé du « Tout écolo » au « Tout Pollué ». Surréaliste.
Le détournement de la rue Albert PRIOLET par un tunnel ou par un autre axe routier stratégique (Pour les poids lourds) est -techniquement possible - et la bataille du financement (Si elle est un jour d’actualité ?) certainement acharnée entre tous les protagonistes, si celle-ci venait à l’ordre du jour.
Cette portion de route, qui relie Cergy à Versailles, est d’ailleurs extrêmement périlleuse : « En fait, c'est l'axe le plus dangereux du département », précise un policier Yvelinois. « En nombre d'accidents, elle dépasse même la N 10. » (Source : WIKIPEDIA). L’histoire a fait son choix !
Devrons-nous attendre un drame national, l’accident fatal : 95cm seulement sépare les barrières métalliques de sécurité de la rue Albert PRIOLET des villas et immeubles et 27cm des mêmes barrières de la chaussée sur laquelle circulent - répétons-le - d’impressionnants camions de 40 tonnes et plus (En cas d’urgence et à 70Km/h, une distance d’au moins 50 mètres leur serait nécessaire), frôlant ainsi les piétons, mamans poussant leur landau et personnes âgées tirant leur caddie ?
Nous pourrions également évoquer les voitures qui tournent trop vite : Du carrefour PEREIRE en direction du carrefour du BEL AIR, et les piétons effrayés qui n’arrivent pas à traverser assez vite audit carrefour, de peur de se faire renverser. Du délire !
Cependant, Il est intéressant de constater qu’en 1972, à la question posée aux Saint-Germanois, de savoir « Quels sont les avantages de vivre à Saint Germain », les deux premières réponses sont « le calme » et « l’espace vert » représentés par le Parc du Château.
La municipalité de Michel PÉRICARD, élu Maire en 1977, s’est particulièrement identifiée à cet espace « Vert et patrimonial » de la Ville à sauvegarder et à mettre en valeur.
Dès le 16 avril 1977, le premier geste de la nouvelle municipalité fut symbolique : 1.000 arbres plantés par 1.000 enfants. Formons le vœu qu’un « Retour vers le futur» soit, à l’image des années 1970, une réalité bien concrète.
Nous pouvons - c’est sûr - revenir à une posture résidentielle et raisonnablement écologique.
Nous serions fiers de crier « nos élus l’ont fait » : Ils ont redonné une vie et une âme à ce quartier de Saint Germain, ont offert en équilibre à notre magnifique terrasse - un deuxième poumon à la ville - en y faisant de nouveau rentrer la forêt sur la partie résidentielle de la rue Albert PRIOLET (Entre la gare et le carrefour du BEL AIR) : Un espace paysagé avec accès résidentiel privé pour les véhicules, un jardin, des commerces peut-être (peu nombreux dans ce secteur de la ville).
On respire de nouveau. On vit !
Alain CHARAOUI-TOUSSAINT
(1) : Albert PRIOLET, décédé en 1942, fut lui Sous-Préfet et Secrétaire Général des Commissaires de la préfecture de Paris. C’est le 22 avril 1945 que Le comité local de la libération inaugure la rue Albert PRIOLET. Celle-ci s’étend de la rue du Président Roosevelt à la RN 184 qui continue à la sortie de Saint Germain-en-Laye. Anciennement baptisée « Route des princes » à partir de la rue FRANKLIN en direction de la forêt, « Rue de la gare des voyageurs » et depuis 1885, rue «Clapeyron ». Avant la fin des années 1950, cette voie était fermée par une grille monumentale au niveau de l’accès au parc de la Charmeraie. Aujourd’hui la « Gare de la grande ceinture » - ancienne ligne Paris-Saint Germain en Laye - permet aux voyageurs de relier Saint Nom la Bretèche à Saint Germain.
(2) : Emile PEREIRE fut le Directeur des Chemins de Fer de l’Ouest, il créa la 1ère ligne de chemins de fer pour voyageurs Paris-Le Pecq inaugurée le 24 aout 1837 et prolongée à Saint Germain-en- laye 10 ans plus tard, le 15 avril 1847. En 1858 il créa « Le Vésinet » : 49 hectares de forêt qu’il lotit, donnant naissance à « La réserve Pereire » avec ses maisons bien dessinées encadrées d’un réseau de rues nouvelles. Isaac PEREIRE son fils, fut l’un des hommes qui permirent à Napoléon III de mener une politique industrielle visant à améliorer le niveau économique de la France et à lui permettre de rattraper son retard sur l’Angleterre.
(3) : Hector GUIMARD est un célèbre architecte de villas de l’époque. Il est plus connu pour ses célèbres entrées du métro parisien. Le « 71 » est une maison de style « Nouilles » dérivé de l’art nouveau entre 1890 et 1914.
(4) : Honoré DUMAS, célèbre ingénieur en transmissions électriques et spécialiste de la télégraphie militaire, a habité cette maison avec sa famille. Il a assuré le fonctionnement du poste de la tour Eiffel, avant de mettre en service en 1929 les premières liaisons radio France-USA et les câbles Paris-Calais et Paris-Toulouse. Cette maison, en plein carrefour, est d’ailleurs aujourd’hui encore habitée par sa fille Marie-Claude MIFFRE-DUMAS. Une partie du jardin d’origine donnant sur la rue Albert PRIOLET est construit d’une maison, habitée par une autre de ses filles, Perette TOUSSAINT-DUMAS.
(5) : Prix moyen du secteur au m² : 5.000€ (Septembre 2011).
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